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Myriam de Talent Fou

👻 ⇢ 🤩 Devrais-tu travailler sur tes forces ou sur tes faiblesses?

published6 months ago
6 min read

Temps de lecture estimé: 7 minutes

Récemment, en évaluation psychométrique, on me demande d’évaluer Logan, un superviseur ambitieux qui voulait sauter le prochain niveau de gestion et aller directement vers un rôle de Vice-Président.

Ébahi, son employeur m’explique qu’il le perçoit comme un superviseur « moyen », tout au plus. Il me demande d’évaluer ses compétences en profondeur. J’ai compris ce qui se passait quand, en entrevue, je lui ai demandé de me parler de son développement professionnel:

« J’aimerais bien qu’un coach me dise quelles sont mes faiblesses, parce que moi, je ne le sais pas vraiment. De toute façon, je préfère travailler sur mes forces, car c’est comme ça qu’un leader peut vraiment devenir excellent. »

Je sais que tu as entendu parler de cette idée populaire, car elle circule beaucoup: travaille uniquement sur tes forces. Peut-être que tu trouves ça intrigant, voire motivant. Et c’est normal!

Il y a beaucoup de gourous du leadership et de grands leaders qui pensent comme ça. Selon eux, travailler sur tes faiblesses va, au mieux, te rendre « moyen ». Alors que si tu veux devenir vraiment bon, tu as intérêt à développer tes talents. On va aussi te conseiller de t’entourer de gens différents de toi, qui sont doués dans ce que tu n’es pas bon. Comme ça, tu auras plus de fun au travail!

On ne se le cachera pas: c’est pas mal moins menaçant pour l’égo de se concentrer uniquement sur ses forces et de penser le moins possible à ses défauts. Mais bien que l’idée de travailler uniquement sur tes talents soit séduisante, il y a pas mal de désavantages. 🚩🚩🚩🚩🚩 Il y a cinq raisons qui me poussent à être sceptique face au développement des forces.

1. Ça encourage un « mindset fixe »

C’est quoi ça, un mindset fixe? C’est la croyance (fausse) que tes forces sont innées et que tes faiblesses ne pourront jamais s’améliorer, peu importe la quantité d’efforts et de temps que tu y mets. Cette croyance est tellement toxique! ☠️ C’est l’un des plus grands freins à ton développement.

C’est d’ailleurs quelque chose que Logan me disait en entrevue: « Je ne suis pas très organisé. Que veux-tu, je suis fais comme ça. ». Puisqu’il pense qu’il est « fait comme ça », pourquoi mettrait-il du temps et de l’énergie à travailler là-dessus? De toute façon, il ne peut pas développer sur cet aspect. 🤷🏼‍♀️

L’inverse du mindset fixe, c’est le mindset de croissance. C’est la croyance que tu peux apprendre et développer tes compétences, si tu y mets l’énergie nécessaire. Cette approche est beaucoup plus alignée avec ce qu’on voit en développement du leadership. Je connais des centaines de leaders qui ont transformé une faiblesse en force simplement en changeant leur mindset et en y consacrant du temps et des efforts.

2. Ça te donne un faux sentiment de compétence

Si tu travailles uniquement sur tes forces et que tu les utilises pleinement dans ton travail, c’est super motivant. Mais en ignorant tes points de vigilance au quotidien, tu peux avoir l’impression d’être plus performant et compétent que ce que tu es en réalité.

Le discours de Logan, imprégné d’un mindset fixe, était le suivant: « Oui, c’est important que j’organise « correctement » les choses. Mais je ne mettrai pas d’efforts à être excellent là-dedans, ça ne sert à rien. Vu que je ne serai jamais super bon pour planifier le travail, je laisse ça à ma chef d’équipe. »

Cette façon de penser ne tient pas compte des attentes de son organisation. Dans le poste que Logan occupe, on requiert l’excellence opérationnelle. L’organisation du travail fait partie de ses tâches. Il ne peut pas se contenter d’être juste « correct », et il ne peut pas non plus pelleter sa fonction opérationnelle dans la cour de sa chef d’équipe si on s’attend à ce que ce soit lui qui le fasse. Ce n’était pas étonnant qu’on le perçoive comme un joueur « moyen », tout au plus.

3. En excès, tes forces peuvent devenir toxiques

Par exemple, peut-être que tu te valorises par ta capacité exceptionnelle à remarquer et à corriger les petits détails. Et c’est vrai que c’est une compétence hyper importante, car ça te permet de produire un travail de grande qualité, d’éviter les erreurs et de donner un look super professionnel à tes rapports écrits.

Mais si tu cherches constamment chaque petit détail, et que tu vas de plus en plus loin dans ton perfectionnisme… à un certain point, ça devient nuisible:

❌ Ça te ralentit considérablement. Tu n’arrives plus à respecter tes échéanciers;

❌ Pendant que tu corriges les détails, tu oublies la « big picture ». Tu ne consacres pas de temps à identifier et gérer les enjeux stratégiques et politiques de tes projets;

❌ Ça peut même provoquer des conflits avec tes collègues, qui ont l’impression de ne jamais faire rien de correct et que tu ne leur fais pas confiance.

Ça s’appelle la loi des retours diminués: à un certain point, investir plus d’efforts n’apporte plus autant de bénéfices — et peut même te causer des problèmes.

4. Tes points de vigilance peuvent paralyser ta carrière

Même si tu es le plus beau pis le plus fin de tous les employés de ton organisation, tu ne seras jamais nommé gestionnaire si:

❌ tu manques d’éthique;

❌ ton attitude est négative;

❌ tu livres systématiquement tes projets en retard;

❌ tu répètes les mêmes erreurs sans jamais apprendre;

❌ tu entres en conflit régulièrement avec tes collaborateurs;

❌ etc.

Dépendamment des attentes que ton organisation a envers toi, tes faiblesses peuvent être un « dealbreaker ».

5. Ça t’empêche de développer tes méta-compétences

Les méta-compétences sont des habiletés qui activent et amplifient tes compétences techniques. Elles sont utiles, peu importe le poste que tu occupes.

Pendant que tu te concentres sur tes forces, tu n’es pas en train de travailler sur les compétences qui ont le plus d’impact sur ta carrière, telles que:

➢ Les habiletés de présentation orale: Quand tu es capable de faire des présentations claires, qui captent l’attention et qui ont de l’impact, tu te positionnes comme un joueur clé auprès de plusieurs personnes.

➢ Le marketing: Cette méta-compétence te permet de mieux vendre tes idées à tes collègues, d’écrire de manière persuasive, de parler un langage qui va convaincre tes clients. Une maîtrise des principes de base du marketing te permet aussi de mieux vendre ta candidature quand tu appliques sur des postes en gestion.

➢ L’intelligence émotionnelle: savoir comment approcher tes collaborateurs et bâtir des relations de confiance est extrêmement précieux pour ta crédibilité. Cette méta-compétence te permet aussi de gérer les conflits et les émotions négatives de manière productive.

Mon verdict: laisse faire tes forces et tes faiblesses, et concentre-toi sur tes objectifs.

Dans cet article super pertinent (Should you fix weaknesses or focus on strengths? Here’s how to decide), on te donne un excellent exemple. Imagine si Einstein avait été vraiment poche pour faire des muffins. Honnêtement, on s’en fiche, right? Sa capacité à faire de bonnes pâtisseries n’a rien à voir avec le succès de ses théories sur la relativité.

Mais si Einstein avait été complètement pourri en maths? Ouf… ça aurait été un gros handicap. Pour développer des théories en physique, il faut élaborer des équations et faire des calculs complexes. Ce n’est pas quelque chose que tu peux déléguer quand tu es un physicien théoricien.

En coaching, j’opte toujours pour une approche adaptative: travaille toujours sur ce qui est le plus critique à l’atteinte de tes objectifs prioritaires. Parfois, ça veut dire de travailler sur une de tes faiblesses, si elle entrave de manière importante ta performance. D’autres fois, ça implique de mieux utiliser tes forces.

Et parfois, tu peux utiliser une force comme un levier pour surmonter une faiblesse. Par exemple, imagine que tu veux développer un meilleur esprit stratégique, et que tu es super doué en gestion de processus. Tu pourrais utiliser ton talent pour créer un processus étape par étape qui viendrait soutenir ta réflexion stratégique.

Dans le cas de Logan, le leader dont je te parlais au début de ce message, il aurait gagné à développer les compétences requises par son organisation pour faire avancer sa carrière. Il semblait doué pour utiliser ses forces comme levier, mais au final, ce sont ses faiblesses qui l’empêchaient d’avancer.

Toi, es-tu dans la team « forces », « faiblesses » ou adaptative? Réponds-moi pour me donner ton opinion!

Myriam

PS — Va voir mes deux posts LinkedIn de la semaine, où je te partage des découvertes qui ont drastiquement amélioré ma productivité et mon humeur.

PPS — Aimerais-tu ça, recevoir des récompenses en faisant connaître Talent Fou à ton entourage? Je travaille sur un programme de référencement. Je t'en parle très bientôt!